LE QUINCY      Au travail on fait ce qu'on peut, à table on se force... Restaurant campagnard Le Quincy
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Restaurant campagnard Le Quincy

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LE FIGARO MAGAZINE SAMEDI 21 MAI 2005

Animé par l'inénarrable Bobosse
"Le Quincy"

est une fête !

Un mouvement ! "Le Quincy", entre Seine et gare de Lyon, n'a pas d'équivalent. Au même titre que "La tour de Montlhéry", il mériterait son classement au rang des chefs-d'oeuvre du patrimoine parisien.

Le Quincy, c'est Bobosse, le patron. Sans Bobosse, il n'y aurait pas de Quincy. Gouailleur à la parisienne, accueillant comme un Marseillais, plaisantant, racontant des histoires, effectuant le service, ce paysan en blouse bleue tient l'affaire depuis trente ans. Absence interdite, sous peine de clé sous la porte.
      Sauf propositions quotidiennes, sa carte imprimée lorsque les numéros de téléphone comptaient encore six chiffres, n'a jamais varié. Des propositions, il y en avait six ce jour là : asperges vertes, coquilles Saint-Jacques, saumon d'Ecosse fumé maison, brandade de morue, farcis printanier, poularde à la crème aux morilles (merveilleuse).
      Pour le reste, cette "auberge Berry et Ardèche" reste fidèle au terroir avec ses stars : terrine fermière au chou et à l'ail, caillette ardèchoise succulente, grenouilles à la provençale, écrevisses pattes rouges en saison. C'est bon, nourrissant, bien servi.
      La salle est petite, l'ambiance

chaleureuse. Ici on ignore les régimes minceur et l'on ne force pas sur l'eau minérale, préférant vin de l'ardèche (17€), Quincy (26€), Chassagne-Montrachet (37€), excellent Sancerre (32€). Ne cherchez pas qui les produit, ce n'est pas inscrit sur la carte. Contentez-vous de suivre les conseils du patron.
      Nappes à carreaux rouges et blanc, fleurs artifficielles, décoration hétéroclite, toilettes - impéccables - dans la cour, Le Quincy est une véritable auberge de campagne sur laquelle la patronne, tout sourire, attentive, dans son coin, veille midi et soir.
      On est rudement bien au Quincy, loin des entrechats de la cuisine moderne. Rustique grand angle avec saladier de museau de boeuf, machon paysan, pieds et paquets, queue de boeuf de la Camille, cassoulet au confit d'oie, côte de veau aux morilles, fine caille des Dombes forestières.
      Le menu de Bobosse s'enrichit de citations prolétariennes : "Bois du vieux embrasse du jeune", "Et

n'oubliez pas, vous êtes mes invités jusqu'à l'addition", etc.
      Pas le moins du monde intello, ce cher Bobosse. Pourtant, le restaurant est fréquenté par de fameuses pointures de l'intelligent-sia, dont un professeur de médecine de renommée mondiale qui apprécie la générosité et la bonne humeur de cette table unique, savourant le grand assortiment de hors d'oeuvre comme celui des desserts. De la crème de riz aux raisins à la glace Grand-Marnier, aux marrons au sirop, au saladier de pamplemousse et d'orange à l'alcool...
      De l'alcool, parlons-en. La séance, au Quincy, se termine obligatoirement par la "vielle prune de Bobosse", qui flambe d'un verre à l'autre en entrechoquant le demi-cristal du contenant. Et en psalmodiant une incantation à la joie de vivre, répétée depuis l'ouverture, au déjeuner comme au dîner.




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